Les ailes de la colombe

Les ailes de la colombeAprès «L’assassin musicien» et «Les enfants du placard», Benoît Jacquot a franchi un degré vers la production plus commerciale avec cette adaptation d’un récit de l’écrivain Henry James (à qui nous devons «La redevance du fantôme» et l’extraordinaire «Tour d’écrou»). Le cadre de l’action étant Venise, c’est déjà un élément attractif. Il ne reste plus qu’à y placer les personnages du (mélo) drame, et à observer le jeu des passions et des sentiments exacerbés. A ma gauche, la souffreteuse Marie, riche héritière (Isabelle Huppert). A ma droite, la cynique Catherine, bel animal, call-girl de haut vol (Dominique Sanda). Si la première a toujours vécu dans le luxe, la seconde en fait chaque jour la conquête en vendant ses charmes à de riches amants. Elles se rencontrent, et très vite Catherine échafaude un plan machiavélique : amener Sandro (Michèle Placido), un jeune Vénitien qu’elle a séduit, à épouser l’incurable Marie, pour hériter ensuite de sa fortune. Le projet réussit au-delà de toute espérance : Marie tombe amoureuse de l’Italien. Comme toujours, c’est un ton froid et désincarné que Jacquot a adopté : l’œuvre est élégante, et les émotions y sont distillées à doses infinitésimales.

Superman III

Superman IIIVoici le troisième volet des aventures de Superman produites par la famille Salkind. Ce sera, sans doute, le dernier puisqu’on est passé depuis à «Supergirl». Malgré un générique «panique dans la rue» très réussi et tout à fait dans le style burlesque ravageur de Richard Lester, ce «Superman III» ne renouvelle pas le mythe… malgré tous ses efforts et ses trouvailles. Superman s’est trouvé une autre fiancée (Margot Kidder ayant été trop gourmande, bye bye Lois Lane !). Il s’est fait de nouveaux ennemis, notamment l’aspect «méchant» de son moi (il faut voir le combat épique entre le «bon» Superman et son double «mauvais»). On lui a même imaginé un intéressant personnage de Noir chômeur surdoué dans le maniement des ordinateurs et que le méchant de service utilise contre son gré. Superman doit aussi affronter un péril très spectaculaire en la personne d’un superordinateur… Dans ce «Superman III» il y a donc beaucoup de choses pour satisfaire un passionné de BD ou un amateur de fantastique. Mais la volonté de mettre de l’humour à tout prix de Richard Lester gêne un peu. Elle tue la naïveté elle romanesque pour ne laisser apparaître qu’une série de situations assez conventionnelles parce que reposant, comme toujours, sur l’opposition du Bien et du Mal. Ceci précisé, «Superman Ill» reste un grand spectacle divertissant.

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