Un fils pour l’été

Scottie, un imprésario new-yorkais est très populaire parmi ses clients parce qu’il leur donne beaucoup et qu’il les met de bonne humeur. Sa recette : une sorte de générosité naturelle et une volonté permanente de faire le pitre. On connait le vieil adage : mieux vaut en rire avant que d’avoir à en pleurer. Scottie, que joue «à fond la caisse» Jack Lemmon, est en perpétuelle représentation. Rien ne lui fait peur pour emporter le morceau… pas même baisser son pantalon ! Pourquoi toutes ces pitreries qui agissent comme une médecine bénéfique sur ceux qui l’entourent ? La réponse tombe comme un couperet lorsque Scottie découvre qu’il a une tumeur au cerveau et lorsque son fils arrive… pour l’été. Un fils plus sérieux que nature, du genre complètement coincé lorsqu’il s’agit d’exprimer ses émotions, agressif et maladroit quand il s’agit de comprendre son père, mais, au fond, débordant d’amour. Entre ces deux hommes qui ne se rencontrent que quelques mois par an (parce que Scottie est divorcé), il y a un bien ordinaire problème l’incommunicabilité. Le père fait le clown pour ne pas avoir à avouer le ratage de sa vie (dont il est parfaitement conscient au fond de lui-même). Et le fils fait le sérieux pour ne pas avouer qu’il en veut à son père de l’avoir abandonné. «Un fils pour l’été» est adapté d’une pièce à succès du dramaturge anglais Bernard Slade. Ce qui explique que beaucoup de scènes se passent dans l’appartement de Scottie ou dans des lieux publics où l’on s’assoit (restaurant, théâtre, bureaux, etc.) Mais, pour dramatique et bourré de moments de conflits verbaux que soit le film, le texte dégage une certaine force. Et il permet à Jack Lemmon de montrer l’étendue de son talent de comédien et au jeune Robby Besson (qui est une vraie star outre-Atlantique) de révéler une sensibilité assez extraordinaire.

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