Yentl

YentlTiré d’une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer, «Yentl, the yeshiva boy», «Yentl» nous entraîne en Pologne au début du siècle dans une communauté juive. Yentl, une jeune fille, vient de perdre son père qu’elle adorait. Révoltée par sa condition de femme au sein de la communauté, elle se fait passer pour un jeune garçon, Anshel, afin d’accéder au savoir, à la connaissance, à l’étude du Talmud : une activité traditionnellement réservée aux garçons… La situation devient rapidement délicate surtout lorsqu’une fille tombe amoureuse d’Anshel, alors que son côté Yentl la fait fortement pencher vers un jeune homme… Barbra Streisand a produit, réalisé, interprété «Yentl». C’est dire si ce film lui tenait à cœur. Si l’ambiance y est très bien reconstituée, il reste que le côté «film musical» peut paraître agaçant. Certains dialogues gagnent à être parlés plutôt que chantés sur des mélodies plus ou moins niaises signées Michel Legrand. Mais cette évocation d’un monde disparu à tout jamais, la communauté juive polonaise entièrement décimée par la guerre, est non seulement intéressante mais troublante. Sans compter l’immense talent de Barbra Streisand.

BrubakerBrubaker

Nommé directeur de prison, Henry Brubaker (alias Robert Redford) imagine une façon peu banale d’entrer dans l’établissement : il se fait passer pour un détenu. Traité comme tel par les gardiens et par les autres prisonniers, il découvre d’emblée la sordide réalité du pénitencier qu’il est chargé d’assainir. Non seulement les brimades, les vols, les sévices et les exactions des gardiens corrompus sont monnaie courante à l’abri de ces murs, mais Brubaker découvre bientôt, grâce aux révélations d’un vieux Noir, qu’il existe un véritable charnier à l’intérieur de la prison. Deux cents hommes ont été assassinés et enterrés là… Naturellement, le beau et courageux Brubaker va mettre bon ordre à ce scandale. Ce ne sera pas sans mal, car tout le monde a intérêt à ne pas faire de vagues, surtout les politiciens de Washington. Voici un genre de films typiquement américain : un héros idéaliste lutte contre tous, et réussit à changer l’ordre des choses. Quand on sait que l’histoire d’Henry Brubaker est entièrement véridique, le film de Stuart Rosenberg n’en prend que plus de force. Il se regarde, c’est le cas de le dire, comme un vrai policier.

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