Femmes de personne

Quatre femmes n’appartiennent à personne et revendiquent leur liberté, ouvertement ou en secret, constamment ou par instants. II y a Cécile qui vit seule avec son fils. II y a Isabelle qui veut mettreun mari trop pantouflard dans le lit d’une autre. II y a Julie qui est cette «autre» et qui accepte sans broncher la curieuse mission. Enfin, il y a Adeline qui joue au cœur-papillon jusqu’au jour où elle se fait elle-mêmeépingler par un ancien amour qu’elle croyait-éteint… Toutes quatre travaillent dans lemême cabinet de radiologie. Elles se côtoient tous les jours, se regardent et s’écoutent, mais gardent leur vie intime pour elles… Christopher Frank est un homme de plume. Apres un seul film (le très beau «Josepha»), il prouve qu’il est aussi un homme de camera.Femmes de personne «Femmes de personne» est un vrai film de cinéaste, pas de technicien, mais de «voyeur». Sa fresque impressionniste sait où elle va, son dialogue est très écrit, mais «Femmes de personne» est d’abord une rencontre avec quatre comédiennes. Marthe Keller qui a souvent joue dans le «balourd», notamment lorsqu’elle tournait aux États-Unis, est ici merveilleuse de délicatesse. Caroline Collier est parfaite et elle sera encore mieux dans le film suivant de Christopher Frank, «L’année des méduses». Cottencon se donne à fond et ne se contents pas de sourire joliment ou naïvement. Quant a Elisabeth Etienne, mystérieuse et inconnue des cinéphiles (on l’aurait vu auparavant dans «Le gendarme et les gendarmettes), elle a une très convaincante présence. Devant un tel quatuor de comédiennes, on oublie les quelques clichés féministes-vus-par-un-homme qui ponctuent ça et là le film de Christopher Frank.

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