Les liaisons dangereuses

Les liaisons dangereuses

A l’heure du lever, ils ne sont pas frais. Étrange toilette que cette cérémonie qui consiste à dissimuler leurs traits décomposés sous d’épaisses couches de maquillage, d’onguents et de poudre. Que les intrigues et les machinations commencent ! Mais nos deux libertins, le comte de Valmont et la marquise de Merteuil, ignorent encore que leur comédie cynique va tourner au drame. On connaît le récit de Laclos tout en séduisant la petite Cécile de Volanges à la demande de la marquise, Valmont poursuit une autre proie, plus digne de lui la vertueuse Madame de Tourvel, et tombe éperdument amoureux d’elle. Les interprètes choisis par Stephen Frears sont stupéfiants : Glenn Close en im-placable Merteuil, John Malkovich en surprenant Valmont, la blondissime Michelle Pfeiffer en émouvante, bouleversante Madame de Tourvel. Car, contrairement à l’adaptation sucrée de Forman (« Valmont »), ces « Liaisons » sont d’un érotisme frémissant. Ah. les palpitations et les soupirs de Michelle Pfeiffer saisie par le désir ! Oh, les seins voluptueux d’Uma Thurman en Cécile dévergondée ! Enfin, c’est une tragédie. Loin du « pittoresque » formanien, le dernier quart d’heure, ici, touche au sublime !

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