Scandal

Eclaboussant la haute société britannique et le gouvernement conservateur, le fameux scandale Christine Keeler a marqué les années 60. On se souvient de cette jeune femme aux mœurs très libres qui fut à la fois la maîtresse du ministre de la Défense John Profumo et de l’attaché militaire de l’ambassade soviétique. Juste avant l’explosion des Beatles, ce fut le signe avant-coureur de cette joyeuse tempête des sixties qui allait ébranler la vieille Angleterre. Utilisant d’abondance les refrains de l’époque, le film de Caton-Jones (un Ecossais de trente et un ans qui fait ainsi de brillants débuts) donne la mesure de cette affaire. Christine, jeune mannequin de dix-sept ans, est incarnée par Joanne Whalley-Kilmer, ravissante brunette qui donne la réplique à un John Hurt plus humain que jamais dans le rôle du docteur Stephen Ward, le « protecteur », mais surtout véritable ami de Christine. Son jeu subtilement nuancé passe de l’émotion au cynisme blessé. La mise en scène alerte, la reconstitution remarquable des sixties et de leur atmosphère, la qualité de l’interprétation, autant d’atouts pour un film hélas sacrifié lors de sa sortie (un 28 juin !) et qui mérite vraiment d’être découvert.

Bandini

BandiniLe réalisateur belge Dominique Deruddere adapte ici, avec une rigoureuse fidélité, le roman de John Fante, l’écrivain américain à la mode, qui se décrit lui-même sous les traits d’Arturo Bandini, ce fils d’émigrés italiens d’une petite ville du Colorado. Durant le rude hiver 1928, le père d’Arturo, qui est maçon, est à cours de travail. En outre, il a perdu au poker. Sa femme, Maria, s’endette chez l’épicier. Enfin, le père reçoit une commande : il doit construire une cheminée chez une riche veuve, Mme Hildegarde qui, aussitôt, tombe sous le charme du bel Italien. Celui-ci succombe et, quelques jours plus tard, pris de remords, rentre chez lui. Mais la belle Maria a la fierté ombrageuse. Elle renvoie immédiatement son mari qui, désemparé, retourne chez Mme Hildegarde. Le temps passe, Maria s’obstine. Il ne reste plus à Arturo, le fils aîné, qu’à prendre la situation en main. Joli film, souvent émouvant, « Bandini » doit beaucoup au choix idéal de ses interprètes, d’Ornella Muti (Maria) à Faye Dunaway (Hildegarde), en passant par l’excellent Joe Mantegna, découvert dans « Engrenages » ou « Parrain d’un jour »…

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