Prisonnières & Good night, mother

PrisonnièresRenouant avec une grande tradition allant des « Anges du péché », de Robert Bresson, à « Cinq femmes marquées », de Martin Ritt, Charlotte Silvera rassemble, dans une prison froide et hostile, une poignée de femmes… et de comédiennes. Prisonnières mais aussi gardiennes. Dans un climat de violence sourde, d’autorité répressive, de désespoir, de révolte, de solidarité et de passions. Charlotte Silvera s’offre ici une galerie de personnalités variées, attachantes et fortes. Contrairement aux hommes, les femmes ne cherchent pas à s’évader, mais à réorganiser leur vie, subissant un système carcéral proche du couvent. Et ses actrices se régalent entre affrontement ou complicité. Girardot l’ancienne, Fanny Bastien la toxicomane, Agnès Soral l’infanticide, Bernadette Lafont la rebelle, Marie-Christine Barrault la gardienne en chef… Dans ce huis clos psychologique, à la fois sensible et grave, autour de ces rôles féminins principaux, une cinquantaine d’autres comédiennes, moins connues et venant le plus souvent du théâtre, sont tout aussi formidables.

Good night, mother

Good night, motherUne mère et une fille vivent un drame humain poignant. Tom Moore filme avec un peu trop de sagesse la pièce de Marsha Norman (qui reçut le fameux prix Pulitzer). Mais pouvait-il faire autrement, sans perdre quelque chose du jeu subtil de ses deux comédiennes ? La caméra est à l’écoute des visages et filme avec une impudeur merveilleuse le jeu dramatique auquel se livrent deux femmes, fille et mère. La jeune femme est épileptique, malheureuse en ménage et mère d’un délinquant. Elle décide de se suicider. Sa mère, qui est veuve et vit sous le même toit, prend conscience que sa fille est dépressive et va tout faire pour la convaincre de ne pas commettre l’irréparable. Entre elles, s’établit un jeu de la vérité fait d’amour, de compréhension, mais aussi de ressentiment et de rage. Un face à face dont l’enjeu est une vie humaine ! Sissy Spacek fait de chacune de ses (trop rares) apparitions un unique moment de comédie. Face à Anne Bancroft, autre monstre sacré, cela devient du grand art. Ces deux comédiennes sont tout simplement fabuleuses d’émotion et d’intensité. « Good night, mother » est un moment rare d’art dramatique.

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