Rosalie goes shopping

Après» Bagdad Café », le réalisateur allemand Perdy Adlon et son imposante star Marianne Sagebrecht font une deuxième escapade en Amérique. La comédienne incarne Rosalie, pétulante Bavaroise qui a épousé un aviateur américain lorsque celui-ci était en garnison en Allemagne. Installés en Arkansas avec leurs sept enfants, les Greenspace mènent une existence paisible, agrémentée d’une fantaisie un peu laborieuse. Tandis que son mari vit dans ses rêves en arrosant les champs de riz du haut de son biplan, Rosalie assouvit sa boulimie consommatrice en jouant avec l’ordinateur de sa fille. Pénétrant le système informatique de la plus grande usine de la région, elle détourne allègrement des milliers de dollars. Percy Adlon se moque, à sa façon, de la société américaine en vantant l’escroquerie de sa Rosalie. Mais la comédie manque de punch, et la machination de suspense. On reste sur sa faim… Bref, Percy Adlon ne réédite pas le coup de « Bagdad Café » avec cette gentille comédie bien vite oubliée.

La petite Véra

La petite VéraVéra ne supporte plus ses parents. Entre un père imbibé de vodka et une mère dépassée, elle fuit la triste réalité dans les bars ou dans les bals en traînant avec une bande de copains tout aussi paumés qu’elle. Un soir, elle rencontre Sergueï dont elle tombe éperdument amoureuse. Elle devient la nuit même sa maîtresse. Les parents de Véra voient d’un mauvais œil cette liaison, mais pas même Victor, le frère intello de la jeune fille, ne peut l’en dissuader. Excédé, Sergueï demande la main de Véra. En attendant le mariage, il viendra vivre chez elle. Une cohabitation pour le moins difficile qui tourne au drame. Cette vision sans complaisance d’une famille de prolétaires russes provoqua un scandale en URSS, mais également un tournant dans le cinéma soviétique. Pitchoul décrit avec ironie une jeunesse zonarde qui ne croit plus en rien, pas même au sacro-saint communisme. Quant à Natalya Negoda, qui joue Véra, son anatomie l’a transformée en bombe sexuelle au point de faire la une de Playboy. Sans doute le premier film symbole de la perestroïka ; la preuve, il ne fut interdit que pendant six mois avant de passer sur les écrans de Moscou.

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