Duel au soleil

Condamné à mort pour crime passionnel, Scott Chavez confie sa fille, Pearl, à son amour de jeunesse, devenue l’épouse du richissime sénateur McCanles. Chaleureusement accueillie malgré ses origines indiennes, Pearl est aussitôt convoitée par les deux frères McCanles : Jesse, le doux romantique, et Lewt, la petite frappe sans scrupules qui la séduit rapidement. Aveuglée par la naïveté, Pearl subira les pires humiliations… Egérie (puis femme en 1949) du tout-puissant Selznick, qui n’avait qu’un objectif, en faire une star, Jennifer Jones est le véritable pôle d’intérêt d’un film construit sur des bases classiques : décors grandioses, duels palpitants, étreintes torrides sous un soleil de plomb. Le scénario léger dégouline de mélo haut qualité, le charme des monstres sacrés fait le reste. Ce petit amargame serait sans doute bien fade s’il n’exhalait pas un « plus » irremplaçable : l’aura flamboyante d’un Hollywood mythique.

Old Gringo

Old GringoAmbrose Bierce, le célèbre écrivain et journaliste (auteur, entre autres, de « La rivière du hibou », adapté par Robert Enrico) a disparu un beau jour, à tout jamais. Avant, il avait écrit que son rêve était de mourir sur un fier destrier blanc, quelque part dans la Révolution mexicaine, aux côtés de Pancho Vil la. A partir de ces deux éléments, le romancier Carlos Fuentes a imaginé la mort de Bierce. Et Jane Fonda a produit le film, ne pouvant s’empêcher, selon ses bonnes vieilles habitudes, de faire dans le spectacle édifiant. « Old gringo »pèche un peu par son côté prêchi-prêcha et bon sentiment. Miss Fonda s’offre avec gourmandise un rôle de vieille fille, institutrice romantique, découvrant l’amour, l’émancipation et la prise de conscience politique. Passant de la crispation à la sensualité épanouie, elle navigue entre deux hommes un jeune général révolutionnaire mexicain, qui a du mal à oublier le passé, et un vieux fou américain nageant avec bonheur et inconscience dans un pays en pleine tourmente. Au-delà de ce mélo édifiant, « Old gringo » offre tous les fastes parfois un peu vieillots, mais tellement séduisants du grand spectacle hollywoodien. Le film prend souvent des airs à la « Autant en emporte le vent » et offre quelques scènes à couper le souffle (notamment l’arrivée « musclée » du train révolutionnaire). Une séduisante curiosité.

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