L’année du dragon

L'année du dragon C’est le jour de l’an dans Chinatown, à New York. Une foule en liesse agite les dragons de papier. Pendant que la fête bat son plein, dans un restaurant écarté, un parrain de la Triade (la Mafia chinoise) est brutalement assassiné. C’est le début d’une nouvelle guerre des gangs, dans la grande tradition du genre. Thème connu : l’ascension irrésistible d’un jeune gangster sans scrupules, qui prend, peu à peu, le contrôle d’une vaste organisation criminelle. En face de lui, un flic teigneux, un Irlandais macho comme on n’en fait plus (Mickey Rourke), qui depuis le Vietnam ne porte pas les Jaunes dans son cœur. Complexe personnage que ce serviteur de l’ordre habité par une haine aveugle, qui fait de son affrontement avec le caïd chinois une affaire personnelle, un duel à mort. En fait, il ressemble à son ennemi : comme lui, il a un grain de folie, et au-delà du documentaire sur les mœurs et les dessous criminels d’un ghetto asiatique, c’est cette folie qui intéresse Cimino. Quant aux organisations américaines qui ont voulu, boycotter. « L’année du Dragon »pour son prétendu racisme, elles ont pieusement et naïvement confondu les propos d’un héros ambigu et les convictions du cinéaste, preuve qu’elles ne connaissent rien au cinéma.

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